Point Marché hebdomadaire - 20/03/2026

Résumé

En début de semaine, nous signalions que le choc pétrolier et la tension autour du détroit d'Ormuz allaient dicter la hiérarchie des marchés. La fin de semaine a plutôt validé ce fil: l'énergie a fait figure de rare poche de résistance, avec +2,0% en Europe et +2,4% aux États-Unis, pendant que les financières, les matériaux et la technologie reculaient nettement. Le second message a été monétaire: la remontée du Brent de 11,0% et la correction de l'or de 10,2% ont ravivé l'idée d'un cycle de baisses de taux moins généreux qu'espéré. La dispersion a donc compté davantage que la seule direction des indices, avec quelques dossiers très identifiables plutôt qu'un mouvement uniforme. C'est cette lecture de semaine, entre choc énergétique, prudence sur les taux et sélection plus serrée, que nous retenons.

Europe

En Europe, le même enchaînement s'est vu dès lundi: Air France-KLM perdait 3,12% alors que TotalEnergies gagnait 2,74%, première traduction sectorielle d'un pétrole plus haut et d'une prime de risque géopolitique plus visible. Sur l'ensemble de la semaine, l'énergie a progressé de 2,0% quand les financières reculaient de 3,4%, les services de communication de 4,4%, les matériaux de 6,8% et la technologie de 6,3%. En fin de semaine, Hermès a encore accentué cette lecture en cédant 4,94% sur fond de craintes sur la croissance, tandis que Schneider Electric a mieux tenu malgré le repli du CAC, preuve que le marché a continué de distinguer les dossiers exposés à des relais de croissance lisibles.

États-Unis

Secteurs USA

Aux États-Unis, la sélectivité a été tout aussi nette. Adobe a chuté de 7,58% après l'annonce du départ de Shantanu Narayen, alors que Dollar Tree gagnait 6,42% sur des résultats au-dessus des attentes et que Micron Technology avançait encore de 3,70% après une recommandation positive. À l'échelle sectorielle, l'énergie a progressé de 2,4%, pendant que les services publics perdaient 5,5% et les matériaux 4,9%, ce qui traduit un marché plus préoccupé par le coût de l'énergie et la trajectoire des taux que par un simple rebond d'ensemble. Mercredi, nous notions un retour d'appétit sur certains segments, mais la hiérarchie finale est restée défensive et très discriminante.

Asie

En Asie, la semaine a surtout été celle d'un rebond inachevé. Le Nikkei a terminé en baisse de 3,38%, et les marchés de Tokyo comme de Séoul ont subi la nervosité provoquée par le Moyen-Orient et par la perspective d'un pétrole durablement plus élevé. Là aussi, l'énergie a mieux résisté avec +2,3%, quand les matériaux abandonnaient 7,1% et les services publics 5,3%. La tentative de reprise observée en milieu de semaine n'a donc pas suffi à renverser la tendance: le marché asiatique a surtout confirmé que le choc venait moins de la croissance immédiate que du renchérissement du risque et du coût de l'énergie.

Matières Premières

Evolution des matières premières

Les actifs de transmission ont été le vrai cœur de la semaine. Le Brent a bondi de 11,0% et le WTI de 5,6%, ce qui a directement soutenu les valeurs énergétiques tout en durcissant le débat sur l'inflation importée. En miroir, l'or a reculé de 10,2% et le cuivre de 9,4%, un couple inhabituel qui dit bien que le marché a davantage joué le dollar et les taux qu'un refuge classique sur les métaux. C'est ce déplacement du risque, du baril vers la politique monétaire puis vers la sélection sectorielle, qui a donné sa cohérence à l'ensemble de la semaine.

Cryptomonnaies

Sur les cryptomonnaies, le message a été plus nuancé. Le Bitcoin a cédé 0,6% alors que l'Ethereum progressait de 2,6%, signe que l'appétit pour le risque n'a pas disparu mais qu'il s'est resserré sur quelques segments précis. Ce comportement tranche avec la violence observée sur certaines matières premières et confirme qu'en fin de semaine, les investisseurs ont davantage arbitré entre poches de conviction qu'entre classes d'actifs entières.

Conclusion

Au fil de la semaine, nous sommes passés d'une lecture dominée par le choc pétrolier à une lecture plus large de dispersion, où chaque secteur a payé différemment la même hausse du risque. L'Europe a surtout sanctionné les matériaux, la technologie et les financières; les États-Unis ont fait ressortir des écarts très nets entre Adobe, Dollar Tree et Micron Technology; l'Asie a confirmé la difficulté de retrouver un vrai rebond tant que le pétrole restait au centre du jeu. Le point clé n'est donc pas seulement la baisse des indices, mais le fait que l'énergie ait surperformé pendant que plusieurs segments sensibles aux taux ou au cycle décrochaient. C'est aussi ce que nous écrivions en début de semaine: dans un marché pareil, la bonne grille de lecture n'est pas « tout baisse » ou « tout rebondit », mais « qui tient, qui décroche, et pourquoi ». Pour la semaine suivante, cette discipline de lecture par catalyseur et par valeur reste la plus utile.